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Communiqué : Le FMRD exprime son soulagement pour la déposition de O. TAYA et appelle à la dissolution de la police politique
Après 20 ans de gâchis moral et matériel en Mauritanie, la destitution tant espérée du tyran Ould Taya a enfin été concrétisée par l'armée et la sûreté nationales. Le règne, auquel elles ont mis fin, aura été marqué par les déchirures sociales et les énormes injustices, les détournements massifs et la corruption érigées en vertus; le tout sur fond de médiocrité orchestrée à l'échelle d'un pays, et de culte dégradant de la personne. Ce geste des forces armées relève du déverrouillage nécessaire, que nous appelions de tous nos voeux, mais il doit maintenant s'accompagner de véritables gages au peuple mauritanien dont les aspirations sont immenses à une véritable rupture qui instaure la justice et la démocratie dans les faits, et sonne le glas des pratiques perverses du tribalisme, du racisme et des atteintes systématiques aux droits fondamentaux. Sans de telles garanties, qui commencent d'abord par stopper le développement de ce système mafieux dans lequel l'Etat allait littéralement se dissoudre, l'opération du 3 août se réduirait à une simple révolution de palais comme la Mauritanie a pu en connaître. A ce sujet, nous prenons acte de l'engagement pris, devant Dieu et devant le peuple Mauritanien, par le "Conseil militaire pour la justice et la démocratie", à oeuvrer pour la justice et à mener le pays vers une véritable démocratie ouverte à tous sans exclusive, avec une période de transition de deux ans maximum. Alors que la communauté internationale a exprimé les réserves d'usage, nous relevons que les Etats Unis d'Amérique se sont distingués en demandant le rétablissement du pouvoir de O. Taya , s'alignant ainsi sur les desiderata d'Israël et faisant malheureusement fi des aspirations et des espoirs du peuple martyrisé de Mauritanie. Nous ne pouvons que déplorer cette position, et demandons aux autorités américaines de la reconsidérer. Dans le pays, en revanche, le soulagement semble immense, d'autant plus que toute effusion de sang a été évitée ; toutefois le plus difficile reste à faire : il incombe aux nouvelles autorités de traduire dans les actes les engagements pris, et oeuvrer pour une véritable réconciliation nationale qui répare les torts et les injustices, avec comme premières actions : i) dissoudre sans attendre l'actuelle police politique et les appareils de répression qui ont répandu la peur et terrorisé la population, et refonder entièrement les services de renseignement sur de nouvelles bases ii) l'organisation du retour des déportés mauritaniens et de tous les exilés politiques souhaitant regagner la patrie, iii) rétablir toute la considération aux partis politiques et autoriser le parti dissident PCD, mettant ainsi fin à l'exclusion des réformistes musulmans du champ politique iv) permettre la participation des acteurs politiques et de la société civile à la gestion de la période de transition, et s'inspirer en cela du bel exemple Malien ; tout cela précédé, bien sûr, par le geste inaugural que toute la Mauritanie attend : la libération de tous les détenus militaires et de tous les prisonniers d'opinion, en tête desquels les symboles vivants de la Mauritanie que sont les Oulémas réformistes. En ce tournant historique pour notre patrie, le Forum Mauritanien pour la Réforme et la Démocratie exhorte tous les compatriotes et en particulier les acteurs de la scène nationale à travailler main dans la main pour cette nécessaire réconciliation nationale et pour relever les défis qui exigent de tout un chacun le dépassement des particularismes, et l'affranchissement de la médiocrité, pour que l'on assoie ensemble, sur un socle solide, un Etat de droit où la vie en commun prend tout son sens. Le bureau exécutif Paris, le 4 Août 2005 Forum Mauritanien pour la Réforme et la Démocratie |
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