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La concertation doit être un credo La Mauritanie a vécu ces derniers jours un événement sans précédent dans son histoire. En effet, depuis I accession du pays à l'indépendance, en 1960, c'est pour la première fois qu'un débat aussi ouvert a eu lieu dans ce pays. Ainsi, plus de 500 personnalités représentants les partis politiques les syndicats, la presse, la société civile... se sont retrouvés pour discuter des problèmes fondamentaux du pays. Il faut s'en féliciter, poursuivre et encourager les débats d'idées. Le président du CMJD ne s'est pas trompé sur la portée de l'événement en déclarant lors de son discours de clôture que le terrain a été balisé et qu'il s'engage solennellement à mettre en œuvre toutes les recommandations issues des journées de concertation. Il a par ailleurs révélé que la CENI sera mise en place rapidement, après une large concertation avec les acteurs politiques. Les membres de cette insistance seront choisis parmi les personnalités indépendantes reconnues pour leur intégrité morale, leur honnêteté intellectuelle et leur impartialité. Le président du CMJD n'a pas aussi manqué de se féliciter de l'esprit de responsabilité quia prévalu et a permis d'aboutir à un consensus. "Il n'y a plus de problèmes tabous", souligne-t-il tout en mettant en exergue le raffermissement de notre unité nationale. L'objectif de ses retrouvailles, au-delà de la recherche de la transparence pour les élections, était en effet la consolidation de l'unité nationale. Et, malgré la diversité des opinions, malgré les âpres discussions et parfois des élévations de ton, les Mauritaniens ont pu trouver un consensus sur l'essentiel des questions abordées. En tout état de cause, une leçon s'impose aujourd'hui : la concertation doit être un credo pour trouver des solutions à tous nos problèmes et le dialogue doit prévaloir pour le traitement des toutes les questions susceptibles de renforcer notre unité et de corriger toutes les injustices afin de faire de notre pays, un Etat de droit et de démocratie ; car la justice est inséparable de la démocratie et de la bonne gouvernance. M.S
Quelques réactions de participants
Mohamed Abdallahi Ould Bilil, PRDS (Commission de la transition démocratique : révision des textes constitutionnels) "Les débats ont été pertinents. Les orateurs ont abordé le mandat présidentiel, sa durée, tes garanties qui s'y rapportent ainsi que plusieurs autres dispositions de la constitution soumises à cette épreuve. D'une manière générale, il s'est établi un climat de concertation et de dialogue nécessaire et indispensable à la compréhension mutuelle et au consensus. L'essentiel, c'est d'avoir abordé sans tabou ni réserve tous les textes ayant des points litigieux dans la constitution. Beaucoup ont proposé une durée de cinq ans, qui est la moyenne entre quatre ans assez courts et six ans peut-être assez longs.
Me Fatimata M'Baye (Atelier sur la bonne gouvernance, les droits de l'homme et ta société civile) Ça s'est bien passé parce que nous avons réussi à dépasser quelques contradictions majeures, même si la question du passif humanitaire, des déportés et celle de la cohabitation restent posées, nous pensons que si nous voulons créer un Etat je droit et instaurer une société juste et démocratique, il ne faudrait pas tourner la page de manière arbitraire. Mais en fait, je pense que le consensus est venu de lui-même parce qu'il s'agit justement de comprendre une chose : les mauritaniens ont été embrigadés pendant très longtemps comme en temps de ("ex Union soviétique. Aujourd'hui, je pense que quelques verrous commencent à sauter. Dans tous les cas, nos deux communautés sont condamnées à vivre ensemble et nous ne poumons pas œuvrer en dehors des intérêts suprêmes de la Mauritanie. Ces intérêts voudraient que ses fils lésés retrouvent leurs droits et leur fierté pour participer ensuite à l'édifie national.
Abderrahamane Ould Boubout, Secrétaire général de UTM (Atelier sur le processus électoral) Nos travaux se déroulent dans une atmosphère bon enfant. Chacun s'est vu libre de développer es idées. Les idées majoritaires tournaient autour te la nécessité de reprendre les listes électorales parce qu'elles sont truffées de beaucoup d'anomalie. Il va falloir reprendre carrément un autre recensement pour que les listes soient plus crédibles. Tout 1e monde était d'accord avec ce principe là. Nous avons passé ensuite un calendrier pour déterminer la priorité des élections dans leur échelonnement. Beaucoup de participants souhaiteraient que les élections municipales et législatives soient jumelées ou les législatives et les présidentielles pour raccourcir le temps. C'est une manière de faire bénéficier à l'administration et aux partis politiques l'économie de temps et d'argent.
Ahmed Ould Sidi Baba, (président du RDU) Les discussions se passent dans une grande convivialité et beaucoup de respect vis-à-vis des uns et des autres. Nous sommes encore dans les sujets. Il y a énormément de monde. Mais nous nous acheminons tous vers un consensus parce qu'il n'y a pas de divergences fondamentales nulle part. Je crois que les choses proposées sont claires. Certains veulent maintenant aller plus loin et sont pressés de tout modifier. D'autres ont compris que dans la phase actuelle, il faut aller à l'essentiel. L'essentiel, pour moi, c'est de créer tes conditions d'une vraie démocratie, d'élections transparentes. Il faut à mes yeux préparer l'avènement d'un régime qui aura, lui, à reconstituer et l'administration et la scène politique. Un régime transitoire ne peut pas tout régler.
Ladji Traoré, secrétaire général de l'APP (Atelier sur le processus démocratique) Ça fait chaud au cœur de savoir que les mauritaniens peuvent discuter sans occulter aucun problème. Les participants discutent franchement de part et d'autre. Il y a une certaine élévation d'esprit et une maturité politique dans l'approche des problèmes. Vous savez toutes tes commissions se recoupent en fin de compte, il y a beaucoup de questions, traitées ailleurs, qui reviennent chez nous. Nous avons posé le problème du calendrier électoral. Pour ma part, j'estime que c'était d'abord intéressant de connaître les institutions utiles à mettre en place pour parler ensuite de ce problème de timing. Mais je crois que les gens abordent de manière très précise les conditions politiques, les contraintes que les futures échéances électorales en cascade poseront au niveau des populations, des partis politiques et de l'Etat L'indépendance de la CENI (Commission électorale nationale indépendante) et sa maîtrise effective du processus électoral ainsi que la disponibisation de listes électorales en deux langues et dans toutes les circonscriptions me paraissent autant de facteurs permettant d'organiser de véritables élections transparentes.
Lô Gourmo, UFP Il y a eu une atmosphère de compromis et d'ouverture qui montre que ce pays est mieux pour le dialogue. Peut-être ça a tardé mais nous nous rattrapons pour l'essentiel. Je pense qu'il s'agit effectivement d'une dynamique de dialogue assez prononcée dans la mesure où les uns et les autres sont venus exprimer leurs points de vue de manière franche et avec un esprit de concessions réciproques pour trouver des formules qui arrangent un peu tout le monde. Ce qui a été capitalisé, c'est d'abord le besoin de travailler dans l'unité malgré la diversité et de trouver des solutions de compromis à des questions fondamentales. Mais ceci en avançant étape par étape pour aller dans une direction qui nous sorte de l'impasse.
Fousseynou Diabira, RFD (Commission bonne gouvernance économique et environnementale) Il s'agit d'abord d'une grande première dans l'histoire politique de la Mauritanie. C'est ensuite un signe de bonne volonté que la classe intellectuelle nationale, notamment les partis politiques, les ONGs, les organisations syndicales, etc. se retrouve pour discuter des problèmes de la nation. A propos de notre thème Je pense que tout a été dit en tout cas l'essentiel. Car un diagnostic de la situation économique du pays a été fait. Et de ce travail un constat s'est dégagé : nous étions dans un pays complètement détruit. On peut vivre sous une dictature mais une dictature qui réalise des succès sur le plan économique. Le totalitarisme de l'ancien régime, c'est de n'avoir rien épargné. Dans le cadre donc de notre atelier, les cadres ont proposé des solutions qui, une fois mises en œuvre, peuvent permettre au pays d'être dans le concert des nations. Parmi ces solutions, il y a la lutte contre la corruption et le détournement de deniers publics. Nous avons aussi passé en revue les voies et moyens qui sont susceptibles de renforcer les recettes de l'Etat et la manière (dispositif) dont il peut procéder pour préserver ses fonds.
Propos recueillis par Wane Abdoulaye |
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