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Le calendrier électoral fixé ente le 24 juin 2006 et le 11 mars 2007
La transition de deux ans fixée par le Conseil militaire pour la Justice et la Démocratie (CMJD) sera écourtée de cinq mois, a annoncé jeudi à Nouakchott le Premier ministre Monsieur Sidi Mohamed Ould Boubacar, au cours d'une rencontre avec les représentants des partis politiques et de la société civile. Cette décision a été prise conformément aux suggestions formulées à l'issue des journées nationales de concertation qui se sont déroulées à Nouakchott du 25 au 28 octobre 2005. Par ailleurs, le Premier ministre a indiqué que le calendrier électoral sera marqué par l'organisation, de façon simultanée, des élections municipales et législatives, le 19 novembre 2006. Ces élections seront précédées par un référendum constitutionnel le 24 juin 2006, suivi de sénatoriales le 21 janvier 2007. L'élection présidentielle qui couronnera ce processus sera organisée le 11 mars 2007. Le Premier ministre a aussi affirmé que le gouvernement a commencé la mise en oeuvre de ce programme de transition, qu'il mobilisera l’ensemble des moyens nécessaires pour que le calendrier prescrit soit respecté. Le Premier ministre a assuré les partis politiques et la société civile de la volonté de son gouvernement à mener à bien, dans les meilleures conditions, ce calendrier et à le poursuivre, en concertation avec eux, afin de parvenir aux objectifs fixés. Il s'est enfin félicité de l'esprit qui a prévalu aux journées nationales de concertation et qui a entraîné la compréhension, et ensuite le soutien de la communauté internationale à notre pays. Les dirigeants des partis politiques et de la société civile ont ensuite pris, tour à tour, la parole.
M. Messoud Ould Boulkheir, président de l'APP s'est félicité des résultats des journées nationales de concertation. Il a regretté que certaines des propositions de son parti n'aient pas été prises en compte, celles, en particulier, concernant l'unité nationale et l'esclavage. M. Messoud Ould Boulkheir a également regretté que les documents contenant les décisions n'aient pas été transmis plusieurs jours à l'avance aux partis politiques, afin qu'ils puissent en informer leurs militants et définir ainsi des positions qui ne soient pas strictement personnelles. Il s'est enfin demandé si le recensement électoral pourra être fin prêt pour le 24 juin 06, jour du référendum. M. Isselmou Ould Abdel Kader, représentant le RDU, a félicité le CMJD pour la célérité de son action. Il s'est demandé si le mois de mars, mois de récolte pour les paysans, est indiqué pour organiser une consultation nationale. Il s'est déclaré convaincu de la bonne foi du CMJD mais a insisté pour que l'action des autorités publiques ne soit pas vue, à tort ou à raison par une opinion publique habituée aux tendances préférentielles de l'administration comme visant à favoriser telle ou telle partie. Moustapha Ould Abeiderrahmane, président du parti Renouveau Démocratique a félicité le CMJD et le gouvernement pour la célérité et l'efficacité de leur action. Il a dit soutenir les propos du Président de l'APP concernant les méthodes, de concertation. Il a souhaité que les élections municipales soient séparées des législatives afin de voir clarifiés les rapports de force entre les formations et permettre aux partis représentatifs de se concerter pour former une majorité stable nécessaire pour bien gouverner. Il a ensuite émis le souhait de voir bien préparé le recensement électoral afin qu'il ne se réduise pas à une simple révision des listes électorales.
M. Moustapha Ould Bedredine de l'UFP a salué les bons résultats des journées nationales de concertation. Il s'est félicité de l'organisation, le même jour, des élections législatives et municipales, ce qui a-t-il dit permettra aux partis de faire face aux frais d'élections trop coûteuses. Il a aussi soutenu la décision de raccourcir la période de transition. Il s'est aussi déclaré partisan de principe du bulletin unique, principe qui, a-t-il dit, a réussi au Maroc. Il a enfin appelé à la création d'un cadre permanent de concertation.
Ahmed Ould Daddah, Président du RFD, a félicité le CMJD pour les efforts importants menés en une courte période. Ces efforts, a-t-il dit, répondent largement aux aspirations du RFD et des partis politiques les plus importants. Ces trois mois riches en concertation et en réflexions ont abouti à des résultats très positifs pour le peuple mauritanien et ont affermi son droit à gérer ses affaires et choisir ses dirigeants, a-t-il déclaré. Le président du RFD a enfin salué la décision de raccourcir la période de transition.
Moulaye Ould Jiyid, président du PMRC, a exprimé sa satisfaction pour le travail mené par le CMJD et le gouvernement. Il a affirmé que la période de deux ans était déjà trop courte pour des partis qui ont encore besoin de s'implanter à l'intérieur du pays. M. Moulaye Ould Jiyid a aussi insisté sur l'adoption du système proportionnel qui, a-t-il dit, permet une meilleure représentation des partis politiques. Il s'est félicité de l'introduction du principe du bulletin unique, garantie contre tous les dépassements.
M. Chbih Ould Cheikh Melainine, président du Front Populaire, a d'abord insisté sur le fait que son parti n'appuie pas le CMJD en tant que tel mais plutôt le programme adopté par ce CMJD. Il a ensuite affirmé son rejet du scrutin de type majoritaire car celui-ci, a-t-il dit, consacre la prééminence des dignitaires traditionnels, l'adopter donc serait, à ses yeux, renforcer la tribu, l'ethnie et la région. Le président du FP a regretté que les cadres de l'ancienne opposition soient exclus des nominations aux postes administratifs. Il a affirmé son soutien au principe du bulletin unique, principe qui, a-t-il dit, a été appuyé par le FP dés sa constitution en tant une parti. M. Chbih Ould Cheikh Melainine s'est enfin déclaré contre toute séparation entre élections entre élections législatives et municipales. Son parti, a-l-ii conclu, aurait d'ailleurs apprécié l'organisation, en même temps, des trois consultations.
Mme Naha Mint Mouknas, présidente de l'UDP, a rappelé que le tribalisme reste puissant en Mauritanie. Elle s'est prononcée contre les candidatures indépendantes qui ne font, a-t-elle dit, que renforcer l'esprit de division. Elle a proposé que ces candidatures indépendantes ne soient acceptées que dans des villes comme Nouakchott et Nouadhibou et que, à l'intérieur du pays, seuls les partis soient autorisés à se présenter. Quand les tribus se renforcent, l'Etat reculera, a-t-elle dit. Madame Naha Mint Mouknass a également affirmé que trop de démocratie rue la démocratie et qu'en deçà d'un certain quota électoral, les partis devraient se dissoudre d'eux-mêmes.
Ahmed Ould Kheyrou, représentant du PRDS, a exprimé sa satisfaction devant les progrès réalisés et a affirmé la volonté de son parti de contribuer positivement à la construction nationale. Il a réaffirmé le soutien de son parti aux programmes du CMJD et du gouvernement. Il a remarqué que les propositions avancées par le PRDS ont été prises en compte notamment en ce qui concerne la durée de la transition. Il a déclaré le soutien de son parti à la décision d'organiser ensemble les élections législatives et municipales. Une telle expérience, a-t-il dit, a été déjà vécue ici en Mauritanie. Il a enfin affirmé la volonté de son parti de participer à toutes les étapes du processus électoral, du référendum à la présidentielle.
Koita Tidjane, des l'UNDD, a félicité le CMJD et le gouvernement pour les changements positifs enregistrés. 11 a déclaré que son parti qui réclamait une conférence nationale s'est vu comblé par ces journées de concertation qui ont mieux réussi que beaucoup de conférences nationales en Afrique. Il a souligné l'esprit de consensus qui a présidé à ces journées. Il a ensuite soutenu l'idée d'élections assemblées, car, a-t-il dit cela crée des économies. M. Tidjani Koita a également aniline sa préférence pour les candidatures des seuls partis, car ces derniers, a-t-il dit sont des creusets pour l'unité nationale et portent des projets de société. Il a salue encore l'esprit de concertation qui prévaut tout en indiquant qu'il aurait préféré que les partis aient disposé de plus de temps pour affiner leurs opinions.
M. Mohamed Mahmoud Ould Mah, président de l'UPSD, a remercié les participants pour leurs interventions. Il a souligné que les journées de concertation sont bien terminées et qu'il serait inutile de toujours revenir à elles. Il a ensuite affirmé son soutien au principe des candidatures indépendantes, car elles sont l'expression de la liberté et de la démocratie. Il a fustigé l'attitude de certains partis qui prétendent combattre le tribalisme et accueillent avec plaisir, dans leurs rangs, les chefs tribaux. Il a dénoncé les parachutages acceptés par certains partis qui veulent apparaître connue les héritiers du PRDS. Il a déchiré qu'il ne comprend pas que le CMJD dont les membres ne sont candidats a rien, ait accepté de tin isei la période de transition en quatre. Il s'est enfin demandé quelle part est donnée au peuple dans tous ces débats et discussions.
M. Bâ Mamadou Alassane, du PLEJ, a déclaré parler au nom d'un bloc de partis constitué non pas par des raisons tactiques mais pour des raisons stratégiques pour accéder au pouvoir et servir le peuple. Ce bloc, a-t-il dit, félicite le CMJD pour les méthodes de concertation et la recherche de consensus qu'il a entrepris. Il a averti de deux dangers qui lui paraissent pouvoir apparaître à l'avenir: la dictature d'un président élu et la naissance de conflits entre partis. Il a enfin recommandé la légitimation constitutionnelle du principe de la concertation.
M. Hamoudi Ould Cheikhna, du parti Sawab, a salué la réduction de la période de transition. Il a appelé à l'approfondissement du principe de la concertation, surtout en cette phase. Il a souligné que le système de proportionnelle intégrale permet une meilleure participation des partis à la vie nationale. Il s'est demandé par ailleurs si les populations souvent analphabètes arriveront à comprendre cette idée de bulletin unique.
M. Samoury Ould Beye, secrétaire général de la Confédération Libre des Travailleurs de Mauritanie (CLTM), a déclaré apprécier le travail mené durant ces journées de concertation et espère que tout ce qui, durant ces journées, a fait l'objet d'un consensus, sera adopté. Il a appelé à tenir fortement compte des problèmes sociaux, car leur résolution est garante de stabilité et de démocratie apaisée. Il a recommandé de se pencher sur les questions de l'emploi et du dialogue social.
M. Boubacar Ould Messaoud, de SOS Esclaves, a déclaré soutenir la décision de réduire la période de transition. Il a souligné par ailleurs que les candidatures indépendantes sont une expression majeure de la démocratie. (I a également souhaité voir les mauritaniens de l'extérieur participer aux votes. Il a enfin rappelé que l'esclavage restera toujours un frein a la démocratie.
Mme Khattou Mini Mohamed Laghdaf, représentante d'ONG, a averti des dangers portés par la proportionnelle qui interdit parfois toute majorité ci entraîne l'instabilité des gouvernements. Le régime des partis, a-t-elle dit, a déjà présidé à la IVème République en France et n'a donné que des déboires. Après les interventions des partis politiques et de la société civile, le premier ministre a repris la parole afin de répondre aux propositions et expliciter certains aspects des mesures adoptées. Il a d'abord assuré les partis et les ONG que la concertation continuera à être la régie durant la période de transition. Il a ensuite rappelé à certains intervenants que l'écart entre le 1er et le 2e tour de la présidentielle est bien de deux semaines: du 11 au 25 mars. Concernant la proportionnelle, il a déclaré soutenu l'idée d'introduire plus de proportionnalité, mais qu'en ce domaine, la concertation continuera. Pour les candidatures indépendantes, il J souligné que celle question n'a pas été discutée durant les journées nationales de concertation, mais que le principe essentiel reste celui de la liberté. Cependant, a-t-il ajouté, le dialogue continuera à ce sujet et cela dans l'esprit de concilier entre l'exigence d'unité et la nécessité de liberté. Le bulletin unique, a-t-il dit, a été choisi par attachement à la transparence. Il a souligné une réalité: les projets, les programmes sont toujours exemplaires, le véritable problème, c'est de les insérer dans le réel et de toujours prendre en compte les intérêts des populations, surtout les plus pauvres. La politique, a-t-il dit, si elle ne se conjugue pas avec morale devient pure marchandage. Le Premier ministre a ensuite déclaré que la période de transition, d'abord fixée à 2 ans, a été raccourcie car le gouvernement s'est senti capable en toute responsabilité de la mener à bien en 19 mois. L'important, a-t-il dit, est de réaliser un bon travail et surtout d'obtenir de bons résultats. Le gouvernement est le premier responsable en ce domaine mais il compte aussi sur le soutien des partis et de la société civile. Beaucoup de questions ont été posées ici, a-t-il dit, beaucoup de propositions ont été émises. Le CMJD et le gouvernement continueront à rester à l'écoute de tous jusqu'à parvenir à un consensus sur ces points. L'essentiel, a-t-il ajouté, c'est d'avancer à petits pas et d'affiner chaque jour les méthodes de concertation. Le gouvernement, a-t-il dit, étudiera toutes les questions posées dans le cadre de la concertation, mais le plus important, a-t-il ajouté, c'est de retenir les priorités et d'avancer chaque jour dans l'exécution de chaque tâche. Aujourd'hui, a conclu le Premier ministre, de grands pas ont été franchis. Le chemin a été balisé, il sera certainement plus facile à parcourir. Il a remercié tous les participants et exprimé la volonté du gouvernement de mettre en œuvre tout le programme arrête, en utilisant les meilleures méthodes, celles de la concertation : et dans l'intérêt bien compris de tout le peuple mauritanien. (source :Horizon du 11 au 13 nov 2005) M.O.B. |
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